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Et maintenant, même des camps de concentration, sévices, voire tortures et atrocités, pratiqués et exercés sur des Français civils, militaires ou musulmans " pacifiques ", seulement opposés à un régime politique liberticide, tyrannique et dictatorial, ne reculant devant aucune extrémité pour arriver à ses fins..!
( Suite..) Voir mes précédents posts n° 1 - 2 - 3 - 4 sur : La face cachée du gaullisme :une dictature qui n'ose pas dire son nom..?!
Une " fausse " V° République de l' ordre noir, " alibi " et prétexte d'une dictature sanglante, fut instaurée, grâce à la lâcheté, duplicité et " complicité " pernicieuse, perverse, active et passive, de toute la classe politique, hormis quelques très rares exceptions, au service de l'ambition et de l'orgueil personnels démesurés d'un homme réglant ses comptes par vengeance, au mépris et en violation de la Constitution et des principes généraux du droit, faisant même fusiller ses opposants politiques, rétablissant des tribunaux d'exception et la peine de mort en matière politique...
Le plus stupéfiant, c'est que, jusqu'à nos jours, ces " crimes " de guerre et " crimes " contre l'humanité, n'ont jamais été déférés ni dénoncés devant et auprès des instances internationales à cet effet, et qu'il s'ensuit que les martyrs innocents de ce génocide fratricide français et " pogrom politique ", effroyables et monstrueux, n'ont pas été reconnus par une Justice, parfois " aveugle " et prévaricatrice, en l'occurrence et en l'espèce, justice qui, par moments, et selon certains, peut-être par lâcheté, semble avoir voulu ignorer ces crimes et actes de barbarie commis au nom de la raison d'Etat, passant sous les fourches caudines du " bon-vouloir " du Prince et de ses gouvernants..
Les institutions, simulacre d'une République, éclaboussées par le sang de milliers et centaines de milliers de victimes innocentes persécutées, sacrifiées et suppliciées par un régime politique de terreur, fondées sur la pulsion de mort pour conserver le pouvoir à tout prix, devront tôt ou tard rendre des comptes pour le sang versé de ses enfants. Nous pouvons compter sur la vengeance implacable des Erinyes poursuivant les auteurs de ces crimes, encore vivants, et même ceux qui se cachent ou se dissimulent derrière les appareils d'Etat. La malédiction frappera, poursuivra et flétrira jusqu'à leur descendance. Quant à ceux qui sont déjà morts, le royaume d'Hadès leur infligera les châtiments qu'ils ont mérité de leur vivant, mais auxquels ils ont cru pouvoir échapper et s'y soustraire.
( Suite du post n°4 de " La face cachée du gaullisme : une dictature qui n'ose pas dire son nom..?! " )
Dans son livre " vingt-huit ans de gaullisme ", édit. J'ai lu, Jacques Soustelle nous raconte comment des centaines, voire des milliers de personnes " pacifiques ", ont été internées administrativement et dans des camps de concentration pour y subir des sévices, au seul motif d'avoir une opinion contraire ou divergente " politique " au régime " policier gaulliste, trop souvent " parallèle, " d'une dictature " déguisée en République, de la plus mauvaise facture, fondée sur " l'injustifiable " de la violation de la Constitution et des principes généraux du droit, Jacques Soustelle témoigne :
"...Il n'est pas surprenant, dans de telles conditions, que nombre de suspects détenus aient succombé, soit à l'épuisement et au manque de nourriture, soit aux coups. Comment ne pas citer, ici, le cas de Mme Bosc, une femme de soixante-trois ans, arrêtée et brutalisée, conduite menottes aux mains au camp de Berrouaghia ? Elle tombe gravement malade, l'administration du camp lui refuse les soins. Après plusieurs mois de martyre, on la renvoie chez elle agonisante : elle mourut quatre jours plus tard. Et l'on pourrait mentionner la mort du jeune René Descamps, interné au camp de Douéra, décédé comme résultat des mauvais traitements subis, celle de Charles Daudet, mort dans sa prison à Constantine...
En France métropolitaine, plus de 11 000 arrestations, des journalistes, des intellectuels comme André Noël, Paul Dehème, le professeur Girardet, détenus arbitrairement, les camps de concentration établis à l'hôpital Beaujon, à Thol ( Ain ) et à Saint-Maurice-l'Ardoise ( Gard ), ces deux derniers entourés de barbelés, surmontés de miradors, gardés par des patrouilles armées et aidées de chiens policiers; revues, périodiques, lettres confidentielles saisis et supprimés; hommes et femmes incarcérés pendant des mois ou des années ( le général Vanuxem pendant deux ans ) sur de vagues soupçons ou comme suite à des dénonciations intéressées, ou encore parce que leurs opinions non conformistes étaient connues.
Quel tollé, dans les milieux gouvernementaux, quand le président Monnerville eut le courage, en septembre 1963, de dénoncer les camps de concentration et de s'écrier : " Nous ne sommes pas en République ! " Le régime n'aime pas qu'on le démasque : après le massacre de la rue d'Isly, il fit saisir et détruire le Livre blanc qui se composait uniquement des témoignages de survivants, sans un mot de commentaires. On eût bien voulu faire taire le président du Sénat. On souffla même à un certain M. Soufflet, sénateur U.N.R., une protestation que Gaston Monnerville repoussa en déclarant : " J'ai dit, et je le pense, que nous ne sommes pas en République. Les Français se croient libres. Mais ils ne savent pas combien d'hommes ont été enfermés dans les camps de concentration... Cela peut ne pas vous convenir ou ne pas convenir à ceux qui vous ont donné mandat de parler, mais c'est cela que j'ai dit. Ce que j'ai dit, je le pense ! " A quoi M. Soufflet crut bon de répliquer : " Je tiens à préciser que je n'ai été mandaté par personne. " Le compte rendu de séance ajoute entre parenthèses : " Tumulte et ricanements. " En vérité, le président Monnerville savait fort bien à quoi s'en tenir, et ses adversaires aussi. De nombreux témoignages existent, qui étaient déjà connus à l'époque.
Le député U.N.R. Sammarcelli, dans un rapport du 9 novembre 1962, écrivait notamment : " Le camp ( de Saint-Maurice-l'Ardoise ) présente toutes les caractéristiques d'un camp de concentration, y compris les clôtures en fil de fer barbelé, les tours de guet et l'importance des forces de police... La nuit, en particulier, sous le feu des tours de guet, à l'intérieur des clôtures en barbelé et sous la surveillance constante de la police et de ses chiens policiers, les détenus, qui ne savent combien de temps ils doivent être là-bas et qui, en général, ne savent pas non plus pourquoi ils ont été arrêtés, ne peuvent pas échapper à la psychose concentrationnaire. " Et cet honnête magistrat ajoutait : " Il n'existe ni sécurité ni ordre public quand les droits fondamentaux de la personne humaine sont ignorés ou même abolis. "
La Commission parlementaire qui inspecta le camp de Saint-Maurice-l'Ardoise releva que 64 % des prisonniers n'avaient jamais été inculpés, que 22 % avaient été mis en liberté provisoire par les tribunaux réguliers, que 14 %, jugés normalement, avaient été acquittés ! Il y avait parmi eux aussi bien des pères de famille nombreuse que des jeunes gens mineurs. Un des traits les plus scandaleux de cette répression massive, c'est en effet l'internement par simple décision administrative de " suspects " acquittés ou libérés par la justice régulière. Tel fut notamment le cas d'un conseiller municipal de Paris, l'ancien député Jean Dides. Ayant pris la parole au cours d'un meeting du " Comité de Vincennes " pour l'Algérie, Dides fut appréhendé, accusé d'avoir proféré des menaces contre le chef de l'Etat et incarcéré à la Santé. Or, non seulement des témoignages, mais l'enregistrement de son discours sur bande magnétique, démontraient qu'il n'avait pas prononcé les paroles qu'on lui imputait. Le juge d'instruction ordonna le non-lieu. A peine Dides sortait-il de la prison de la Santé qu'il était à nouveau arrêté par ordre du ministre de l'Intérieur pour être d'abord séquestré dans une propriété des environs de Paris, puis emprisonné au camp de concentration de Saint-Maurice-l'Ardoise : il y resta neuf mois.
C'est le régime de la lettre de cachet, Gaston Monnerville avait bien raison de dire que " nous ne sommes pas en République " : ces pratiques nous ramènent de deux siècles en arrière.
Quant à la persécution systématique des réfugiés politiques à l'étranger, on ne saurait dire à quelle époque elle nous ramène : où est le temps où Voltaire à Ferney, Rousseau à Bienne, Mme de Staël à Coppet, pouvaient se soustraire au courroux du roi ou de l'empereur régnant à Paris ? Je tiens pour un des épisodes les plus honteux de l'histoire récente de notre Occident la chasse aux sorcières organisée à travers l'Europe par Roger Frey ( avec la collaboration de Couve de Murville ) contre les opposants au régime disséminés dans les pays voisins de la France. Elle commença en 1961, à l'automne, quand la répression déchaînée dans la métropole commença à s'essouffler faute de suspects à emprisonner.
Le plan qui fut mis en oeuvre comportait -- à en juger par ses résultats -- les mesures suivantes :
-- par des campagnes de calomnies d'autant plus efficaces qu'elles étaient plus grossières, dresser contre les exilés l'opinion publique des pays libres, en les faisant passer pour des criminels, assassins, incendiaires, etc.., dont toute l'activité avait pour but d'instaurer le fascisme non seulement en France mais dans toute l'Europe;
-- par des dénonciations mensongères, alerter les polices de ces divers pays et leur faire accroire que des terroristes aussi dangereux que Jacques Soustelle par exemple, armés jusqu'aux dents et se promenant avec un arsenal de bombes (1), ne pouvaient être tolérés par un Etat soucieux de la paix publique;
-- par des pressions diplomatiques, exiger et obtenir des gouvernements intéressés l'arrestation et l'expulsion des réfugiés politiques figurant sur des " listes noires " jusqu'à ce que, chassés et refoulés de pays en pays, sans ressources et aux abois, ils dussent se résoudre à quitter l'Europe pour quelque lointaine république sud-américaine;
(1) " Cela n'est pas un conte " : quand je fus arrêté à Milan par la police italienne en août 1962, les inspecteurs, dont le dossier provenait de Paris ( ma photographie portait encore une légende en français ), cherchèrent dans ma valise les explosifs que leurs collègues français leur avaient affirmé devoir s'y trouver. Il n'y avait là -- hélas pour eux -- que des livres.
-- enfin, dans certains cas ( j'ignore, naturellement, qui prenait les décisions, encore qu'on puisse le supposer ), monter des attentats et des enlèvements en utilisant les services des " policiers parallèles ".
A suivre...




L'éditeur J'ai lu nous présente l'auteur, Jacques Soustelle, que l'on ne peut soupçonner 
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